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Thibault MONTOYA

CEO & Co-Fondateur

Peux-tu te présenter et me dire quel a été ton parcours ?

Je suis Thibault, j’ai co-fondé Edzo il y a 2 ans avec Shirine Maher. J’ai commencé par un parcours classique d’ingénieur puis 20 ans à l’international dans l’informatique et les opérations de la banque d’investissement. J’avais toujours en tête de voler de mes propres ailes. L’EMBA de HEC m’a donné l’audace de me lancer. Pourquoi Edzo ? J’avais cette idée que l’IA doit aider chacun à être plus efficace, à gagner du temps et à mettre à disposition le savoir de tout à chacun. 

DZO signifie éléphant en japonais. c’est la mémoire de l’entreprise. le E c’est pour l’Empathie. Avec la distance, Edzo est le relais entre manages et équipes de terrain.

Avec la crise sanitaire, assurer une transmission sans jeu des objectifs de l’entreprise via tous les réseaux est encore plus difficile. Comment conserver l’esprit d’équipe ? Comment le manager continue de capter les signaux de décrochage? Comment diffuser, former accompagner et suivre un objectif ? Edzo s’occupe de tout cela pour que le manager et l’équipe puissent se focaliser sur ce qui compte. Une de nos clientes chez Crédit-Agricole m’a dit en réunion : Edzo c’est notre ami au quotidien. il doit nous aider à mieux faire notre travail. ça fait plaisir!

Quel est ton poste chez Edzo et depuis combien de temps tu y travailles ?

Chez Edzo, je m’occupe principalement de deux sujets : le produit et la commercialisation.

J’ai aussi une passion pour le design précis du produit et pour l’architecture informatique de notre modèle de données pour le rendre « scalable » et exploitable pour de l’intelligence artificielle.

Mais évidemment, je suis multifonction. Ma mission au quotidien est d’accompagner chacun dans des actions concrètes pour garder le focus sur ce qui est important. Mon tandem avec mon associé est très complémentaire. On dirige à deux. C’est un mode de gouvernance efficace mais sans compromis.

Comment s’organise le télétravail dans ton entreprise ?

Avant la crise, nous avions mis en place une façon de travailler interactive dans l’équipe de développement : cela passait par une présence physique et le réflexe de se parler. Mon objectif c’est de faire coder les collaborateurs deux par deux en peer-programming

Depuis juin, nous avons mis en place un mode hybride de télétravail et de présence physique. Notre équipe était contente de quitter le confinement. Certains jeunes sont encore chez leurs parents…. donc ils étaient ravis de sortir. 

Finalement, on applique ce qui a fondé la création de Edzo. Quand on se voit entre humain on veut que cela soit le plus utile possible.

Notre pire ennemi étant nous-même, j’avais surtout peur de tomber dans le micro-management infernal que j’avais parfois, hélas, connu dans les grands groupes.

Pour cela, nous nous sommes créés un « bot » télétravail qui suit et interagit avec chacun. Avant chaque « morning meeting », le « bot » s’occupe d’aller collecter les actions à faire. Ainsi, je peux ajuster le tir et nous mettre d’accord. Le « bot » nous sollicite 3 ou 4 fois dans la journée pour suivre l’état des lieux et me faire un reporting en temps réel…. On a trouvé cela vraiment utile, et on en a fait une offre commerciale Beta. 

Cerise sur le gâteau. Nous couplons notre « bot » télétravail avec le mode coach de Edzo. Si on s’aperçoit que l’on n’arrive jamais à finir ses tâches, Edzo va nous envoyer du contenu pour nous aider à progresser. Il se met en position Méta. Pour nous, c’est une super façon d’utiliser notre outil, et ce sera un bon produit à vendre bientôt. Pour les amateurs de version beta, c’est disponible.

Peux-tu me décrire une journée type en télétravail ?

Le 16 mars, si j’enlève le côté « le monde s’écroule », « c’est foutu », les ondes très négatives de certains, les ondes positives des autres, je me suis dit  que  le temps gagné du confinement serait un super équilibre vie perso-pro puisqu’on n’a pas le choix !!! … Mais en fait, non!

Déjà, pendant les deux premières semaines de la crise, j’étais relativement serein, mais sur le pont 24h/24. En 2004, j’avais géré le blackout de New-York pour les opérations d’une banque française; en 2008, c’était la liquidité de la banque au Japon qui m’a occupé; 2009, le SRAS encore au Japon; 2011, le démantèlement d’un groupe bancaire… Bref, dans mon lots de crise, je sais deux choses : il ne faut pas paniquer, tout se gère. Il faut être dans l’action car l’équipe scrute la défaillance pour conforter sa propre inquiétude. Pour les rassurer, il ne faut donc pas flancher alors qu’en fait, évidemment, on ne sait pas trop dans quelle direction souffle le vent … et qu’on est en plein brouillard. Bref, comme on dit en voile, on réduit les ris, on borde, on fait des bords rapides et on met plusieurs vigies en place. D’ailleurs, si vous avez suivi Edzo, on se considère vraiment comme une vigie pour l’entreprise dans cette situation si particulière.

Le télétravail avec la situation exceptionnelle que nous vivons m’a accaparé. Et donc, je ne me suis pas transformé en super cuistot pour la famille mais j’ai animé le club sport. Tennis dans le salon et dans la rue. Alors que ma fille, Céleste, voulait aller taper la balle dehors; mon fils, Eliot, attiré par le seul écran disponible, surveillait que je travaille bien sans Netflix en fond. 

Mais quelle aventure familiale aussi. J’ai appris que mes enfants n’étaient pas du tout comme moi ! On a fait avec nos aspérités. Les jeux de société se sont apaisés au fil des jours bien obligé dans notre prison confortable.

Mes journées se sont découpées entre la gestion de nos clients actuels, les appels à notre réseau pour prendre des nouvelles et comprendre les nouveaux enjeux.

Pendant cette période nous avons aussi livré deux clients dont Crédit-Agricole d’Ile-de-France (CADIF) pour accompagner leurs nouveaux arrivants. c’était donc un bon stress. Malgré la distance, avec l’équipe de CADIF, on a créé des liens très forts. Nous avons partagé nos petits soucis à la maison. Je suis très fier qu’Edzo ait pu ainsi s’intégrer comme une pièce importante du dispositif de formation à distance. 

Il n’y a pas de journée type !  Il faut savoir chaque jour l’objectif qu’on se donne personnellement et tout faire pour s’y tenir. 

Peux-tu me dire si tu vois des avantages et/ou des inconvénients à ce système (de télétravail) ?

Avant le confinement, je n’étais pas trop pour un télétravail systématique mais plutôt à la carte.

Aujourd’hui, j’irai même au delà du simple concept de télétravail pour repenser l’organisation à distance.

Il y a d’abord une question d’efficacité entre le temps de transport, le temps de travail personnel et le besoin d’interactions. Ensuite, il y a une question sociale. Si on ne quitte plus son domicile pour un autre lieu, étranger à la famille, le travail devient une activité parmi d’autres à la maison. C’est bien, mais le risque c’est la perte de sens et la démotivation.

Les managers doivent aussi se positionner dans ce nouveau modèle et ne pas redevenir des chefaillons…

On a entendu beaucoup d’histoires de managers qui organisaient des réunions à tout va et qui demandaient pleins de reportings de peur que leurs équipes ne travaillent pas. Résultat: stress, burn-out et une inefficacité totale.

Cela remet en cause les organisations et les profils de managers. Le travail à distance c’est l’ère de la confiance et de la responsabilité. Il faut trouver l’équilibre entre des objectifs clairs, simples et clairement compris par tous, un manager qui assiste et des équipes suffisamment mobilisées dans une nouvelle histoire collective. Le sens de ce que l’on fait devient donc primordial.

Le sens, chez Edzo, c’est d’être justement le relais dans cette organisation pour s’assurer que chacun puisse suivre ses actions, au bon moment avec la bonne information. Il assiste l’organisation humaine pour que chaque moment d’interactions dans une équipe compte vraiment.